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Comme une odeur de pétrole...

- ou la guerre des pipelines

jeudi 3 juin 2010, par Christian Scherer

L’extrait ci-dessous d’un article publié par Mireille Delamarre le 14 Août 2008 nous aide à jeter un regard un peu différent sur les troubles de Géorgie et sur le récent incident survenu dans les eaux internationales en Méditerranée. Il nous aide à mieux comprendre l’importance géopolitique de la Turquie, dans la perspective du "peak oil", et à un moment où la société BP affaiblie par la catastrophe du golfe du Mexique, risque de changer de mains.

CS


(Source : alterinfo.net)

(...)

Depuis son point de départ à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, jusqu’au terminal, dans le grand port du sud-est de la Turquie, Ceyhan, l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan parcourt 1 765 kilomètres : 445 kilomètres en Azerbaïdjan, 245 kilomètres en Géorgie et 1 070 en Turquie. Opérationnel depuis 2005, il fournit un million de barils par jour, soit 50 millions de tonnes de pétrole par an aux marchés occidentaux. Une grande partie du pétrole de la mer Caspienne qui arrive dans le port turc de Ceyhan repart par tankers vers les Etats-Unis. Depuis les origines du projet BTC, Washington s’est constamment impliqué dans la réalisation de ce nouveau pipeline qui a diminué la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis de leur approvisionnement en pétrole au Moyen-Orient.

Les grandes compagnies qui ont misé sur la réussite commerciale du BTC sont toutes occidentales, en dehors des compagnies azerbaïdjanaise, géorgienne et turque impliquées dans la réalisation de ce projet. Le britannique BP est l’actionnaire le plus important du consortium avec 30% des parts. BP a eu la responsabilité de la conception et de la réalisation du projet. Il a coûté 4 milliards de dollars au lieu des 3 milliards prévus à l’origine. Outre British Petroleum, le consortium regroupe dix autres sociétés : Socar (compagnie nationale d’Azerbaïdjan) ; TPAO (Turquie) ; Statoil (Norvège) ; Unocal, Amerada Hess, ConocoPhillips (Etats-Unis) ; Itochu, Inpex (Japon) ; Eni (Italie) et enfin la compagnie pétrolière française Total. Ces compagnies pétrolières se connaissent bien, elles sont déjà associées pour exploiter du pétrole dans d’autres régions du monde. Ces compagnies ont apporté le tiers du financement, les deux tiers restants ont été fournis par des banques gouvernementales américaine et japonaise, par la Banque mondiale et par la BERD.

Si pour les Américains, mais aussi pour les Européens, l’objectif est de limiter le monopole de Moscou sur l’approvisionnement énergétique des pays occidentaux en ce qui concerne les ressources en pétrole de la Caspienne, pour Israël, l’intérêt ne réside pas seulement dans son approvisionnement mais dans un plan beaucoup plus vaste visant à devenir la plaque tournante de l’acheminement et de l’approvisionnement en pétrole mais aussi en gaz de la Caspienne vers l’Asie et l’Extrême Orient.

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— -> Lire l’article original complet de Mireille Delamarre

Voir aussi

- Poutine et Erdogan évoquent les échanges économiques bilatéraux (officiel) (RIA Novosti)
- "La Turquie veut s’imposer en leader régional" (Le JDD.fr)
- The Reverse Flow Project Ashkelon-Eilat (EAPC)


Voir en ligne : http://admi.net/cgi-bin/wiki?Caspian